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AUTRES PROGRAMMES:   Cette rubrique est consacrée aux nouvelles orientations soutenues par ADS, qui constituent en quelque sorte le prolongement des objectifs initiaux - eau, éducation, santé - du plan de développement de la commune de Gougaram. Elles comprennent le développement des activités génératrices de revenus (selon la terminologie consacrée), des actions en faveur de l’environnement et la création d’une radio communautaire.

 
 
  

Activités génératrices de revenus : le maraîchage

La population du massif de l’Aïr se partage en deux groupes, les agriculteurs caravaniers sédentaires et les pasteurs transhumants, dont les modes de vie, initialement très différents, tendent à s’uniformiser.

Si le maraîchage était à l’origine pratiqué par les sédentaires pour produire des céréales (mil, sorgho, blé), des légumes (tomates, oignons, pommes de terre), de l'ail et des dattes, les dernières sécheresses ont poussé beaucoup de pasteurs ayant perdu leurs troupeaux à s’orienter vers les cultures. C’est notamment le cas des tribus nomades Kel Tedele et Kel Takriza dans la plaine de Talak qui pratiquent désormais le jardinage sans toutefois abandonner leurs activités pastorales.

Dans la vallée d’Eroug, où l’accès à l’eau est facilité par la faible profondeur de la nappe phréatique, ces activités sont apparues à la fin des années 80. Les moto pompes ont alors rapidement remplacés les moyens traditionnels d'exhaure, favorisant la multiplication des jardins qui dès lors, ont permis de dégager de substantiels bénéfices grâce aux cultures de contre-saison. Un projet de gabionnage pour protéger les jardins des crues du kori n’a pas pour l’instant trouvé de financement.

A Takriza, ADS en liaison avec les responsables de la vallée, a aidé à la création, comme à Eroug, d'un jardin alimentant l'école en produits frais et pouvant servir à initier écoliers et habitants au maraîchage. Le jardin est devenu rapidement une aire maraîchère de 16 hectares entourée d'une clôture et disposant en son centre d'un bassin relié au château d'eau par une conduite de 2000 m. Les premiers jardiniers sont formés en 2004 par des moniteurs venus des oasis du centre du massif. En 2005, une aire expérimentale de reboisement est créée autour de l'aire maraîchère (cf. rubrique protection de l’environnement). Compte tenu des besoins en eau, il a été décidé de foncer un puits maraîcher à Ekarambo pour diversifier les prélèvements opérés sur les nappes de surface et la nappe profonde. En 2007 après un essai infructueux de fonçage d’un puits pastoral un forage profond permet de trouver l’eau à 138 m. Le puits est équipé d’une pompe immergée et d’une exhaure à moteur thermique.


Le puits d’Arahg alimente les hommes et les bêtes sans toutefois permettre le développement pour le moment d’une activité agricole. Sa capacité devrait être accrue par la création, dans le cadre de l'aménagement du kori, d’un seuil d’infiltration sur un verrou rocheux propice. Sans attendre la réalisation des travaux, une ONG expérimente un système d'irrigation goûte à goûte. En 2007, après expertise par le FICOD, le projet de création d'un seuil est abandonné en raison de la nature du terrain. 

Activités génératrices de revenus : l’artisanat

Les touaregs des vallées de l’Aïr excellent dans le travail de l’argent, du cuir et du bois. Ces activités, très présentes dans les vallées de la commune de Gougaram, sont l’apanage des forgerons qui constituent l'une des castes de la société touarègue; les femmes traitent les peaux pour la confection de sacs ou de coffrets et les hommes travaillent les métaux pour façonner des objets usuels, des outils ou des bijoux.

Afin de promouvoir cet artisanat, ADS et EDF ont choisi de soutenir la création de trois coopératives (Arahg, Takriza et Gougaram) gérées par des associations locales constituées de cinq hommes et cinq femmes dotés individuellement d’un pécule destiné à acquérir l’outillage et les matières premières nécessaires.

Pour les trois coopératives, le choix s'est porté sur des constructions sans bois en banco abritant les ateliers et un hall d'exposition central sous la coupole.

La construction des trois coopératives a débuté à l'automne 2005. Deux d’entre elles, Arahg et Takriza, ont pu être inaugurées le 1er février lors de la visite de la délégation d’EDF et d’ADS, en présence du maire de la commune rurale Gougaram, M. Mohamed Aoutchiki Kriska et du Président de l'ONG Tanafout, M. Ilias Almahady. La  coopérative de Gougaram a été inaugurée en 2006. ADS a créé une cellule d’aide à la commercialisation des productions des coopératives. 

Les premiers essais étant concluants, l’opération qui constitue le seul moyen pour les forgerons des trois coopératives d’écouler leur production compte tenu de l'insécurité actuelle a été prolongée en 2007 et reconduite en 2008.

Protection de l’environnement, le reboisement

Dans la commune de Gougaram, l’érosion naturelle, la divagation des troupeaux sur les terres cultivées comme la surexploitation du bois de chauffage et des plantes fourragères due à la concentration humaine autour des centres miniers d’Arlit et d’Akokan, ont contribué à la désertification de la plaine de Talak. Le couvert végétal a pratiquement disparu au point de menacer la survie des troupeaux et de détériorer les conditions de vie de la population.

Pour répondre aux préoccupations des populations, ADS a décidé sur les conseils de Paul Legast (agro consultant) de créer sur le site de Takriza un espace expérimental de reboisement à la périphérie de l’aire réservée aux jardins, constitué d’une ceinture de 20 mètres de largeur plantée de lignes concentriques d’arbres dont les essences ont été choisies en accord avec les représentants du service des Eaux et Forêts : arbres épineux de clôture puis bois pour le feu et enfin arbres fruitiers. Des palmiers dattiers seront plantés ultérieurement autour des jardins.

Les travaux ont été conduits à partir du 1er février 2005 et la plantation des arbres a pu débuter en juin profitant de conditions climatiques favorables.

Malgré la sécheresse et les vents de sable, les résultats obtenus notamment grâce à un arrosage régulier plant par plant, sont très encourageants. Une pépinière et un puits maraîcher sont financés à Eroug en vue de la création d’une nouvelle aire de reboisement.

En 2007, les plants de gommier avaient atteint une hauteur d'homme.

Protection de l’environnement, la réimplantation des autruches

L’autruche Struthio camélus, Enil pour la population touarègue, présente autrefois dans la majeure partie du département d’Agadez, est en voie de disparition, victime du braconnage et d’une chasse intensive. Seuls quelques exemplaires subsistent au centre de l’Aïr.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de sauvegarde des ressources naturelles et de la biodiversité, qui prévoit de réintroduire des autruches dans leur zone traditionnelle d’évolution du Nord Niger et plus particulièrement dans la réserve naturelle nationale de l’Aïr et du Ténéré.

Le maire de la commune de Gougaram envisage de créer un élevage en semi liberté dans la zone de l’Amanad, classée en réserve naturelle. Une expérience en captivité est actuellement tentée à Iférouane.

ADS est à la recherche des appuis financiers pour le lancement de l’opération.




















 
 

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